Bien avant la bouteille en verre, le bidon en plastique ou le carton, transporter un liquide posait déjà la même question : comment déplacer un maximum de produit avec un contenant pratique et relativement léger ?
L’outre apportait une réponse particulièrement simple. Ce récipient souple, traditionnellement fabriqué à partir de peau animale, pouvait accueillir de l’eau, du vin ou d’autres liquides. Sa forme s’adaptait à son contenu et, une fois vide, son encombrement diminuait fortement.
Quelques siècles plus tard, personne ne propose évidemment de revenir à la peau de chèvre pour conditionner un jus de fruits ou une huile d’olive. Pourtant, le principe de l’outre n’a jamais été aussi actuel. Les matériaux et les techniques ont changé, mais l’idée reste étonnamment proche de celle des emballages souples modernes.
Pourquoi l’outre était-elle adaptée au transport des liquides ?
Les contenants rigides possèdent un inconvénient évident : leur volume ne change jamais. Pleine ou vide, une bouteille occupe pratiquement le même espace.
L’outre fonctionne selon une logique différente. Le contenant prend sa forme grâce au liquide qu’il accueille. Après utilisation, il peut perdre une grande partie de son volume.
Cette caractéristique explique l’intérêt historique de ce type de récipient pour le transport. L’objectif n’était évidemment pas formulé en termes d’écoconception ou d’optimisation logistique, mais le principe était déjà là : éviter de transporter un contenant plus lourd et plus volumineux que nécessaire.
L’emballage souple contemporain reprend cette logique avec des matériaux techniques capables de répondre aux contraintes actuelles de résistance, d’étanchéité et de conservation.
L’outre moderne n’a plus grand-chose à voir avec son ancêtre
Le terme « outre » peut aujourd’hui paraître ancien. Il décrit pourtant assez bien le fonctionnement de certaines solutions modernes de conditionnement.
Une poche destinée aux liquides reste plate avant son remplissage. Elle prend ensuite du volume avec le produit, puis se rétracte au fur et à mesure de son utilisation. Les matériaux employés n’ont évidemment plus rien de comparable avec ceux des outres traditionnelles.
Les films techniques permettent de créer des emballages adaptés au contact alimentaire et aux caractéristiques des liquides conditionnés. Selon la structure choisie, la poche peut aussi offrir les propriétés barrières nécessaires à la protection du produit.
Bag’Innov développe ainsi différentes Outres et solutions souples destinées au conditionnement des liquides. L’Ecobag© pousse le principe plus loin avec un emballage autoportant, équipé d’une poignée et conçu pour faciliter le stockage comme l’utilisation.
Moins de matière pour transporter un même volume de liquide
L’intérêt du principe souple apparaît aussi lorsque l’on s’intéresse à la quantité de matière nécessaire au conditionnement.
Un contenant rigide doit disposer de parois capables de conserver sa forme. Une poche utilise une structure beaucoup plus fine puisque le liquide participe lui-même à son volume.
Cette caractéristique rejoint les principes actuels d’écoconception. Citeo cite notamment les emballages souples parmi les leviers permettant de réduire la quantité de matière utilisée pour une même quantité de produit conditionné.
La différence devient particulièrement intéressante lorsque les volumes augmentent. Quelques grammes économisés sur un seul emballage semblent anecdotiques. Multipliés par plusieurs milliers d’unités, ils représentent une quantité de matière et un poids logistique beaucoup plus significatifs.
Transporter moins d’air avant le conditionnement
Le gain ne concerne pas uniquement l’emballage rempli.
Avant leur utilisation, des bouteilles, flacons ou bidons vides occupent déjà leur volume définitif. Leur acheminement jusqu’au lieu de conditionnement revient donc en partie à transporter de l’air.
Une outre moderne ou un Pouch peut être livré à plat. Un nombre important de poches tient ainsi dans un volume de stockage réduit. Le besoin en espace dans l’entrepôt diminue lui aussi.
Après consommation, le même avantage réapparaît : l’emballage souple vide peut être compacté et occupe beaucoup moins de place que lorsqu’il contenait le liquide.
Cette sobriété matérielle ne permet pas, à elle seule, de qualifier un emballage d’écologique. Elle constitue néanmoins un levier concret. Citeo rappelle d’ailleurs que la réduction à la source des emballages passe notamment par leur poids, leur volume et la suppression des éléments qui ne remplissent pas de fonction essentielle.
Une outre moderne peut-elle être recyclable ?
Le faible poids d’un emballage ne règle pas automatiquement la question de sa fin de vie. La composition des films joue ici un rôle majeur.
Les anciennes structures souples pouvaient associer plusieurs matériaux afin d’obtenir les propriétés nécessaires à la conservation du produit. Ces associations peuvent compliquer leur intégration aux filières de recyclage.
L’écoconception cherche désormais à simplifier les structures et à améliorer leur compatibilité avec les procédés disponibles. Bag’Innov présente notamment une solution recyclable composée à 95 % de polyéthylène et 5 % d’EVOH.
La nuance entre « recyclable » et « recyclé » reste toutefois essentielle. La conception de l’emballage constitue une première étape. Son recyclage effectif dépend ensuite du tri, de la collecte et des filières capables de traiter la matière.
Citeo rappelle que l’évaluation de la recyclabilité tient notamment compte de l’existence d’une filière industrielle et de la compatibilité des différents composants avec cette filière.
De l’outre anonyme à la poche souple personnalisée
L’évolution du contenant ne concerne pas seulement les matériaux. L’emballage moderne possède également une fonction commerciale que son lointain ancêtre n’avait pas vraiment à assurer.
Une poche peut porter une identité graphique, des informations sur le produit, des conseils d’utilisation et les mentions nécessaires à sa commercialisation.
Une entreprise peut ainsi développer une poche souple personnalisée afin d’adapter le conditionnement à sa marque. Le contenant devient alors à la fois un outil de transport, de conservation et de communication.
Cette évolution permet à l’emballage souple de répondre à des marchés très différents : vin, jus de fruits, huiles, vinaigres, sauces ou autres produits liquides peuvent nécessiter des formats et des équipements spécifiques.
L’outre n’a finalement jamais vraiment disparu
Parler de « retour de l’outre » est évidemment un raccourci. Les poches actuelles ne sont pas une réédition des contenants utilisés autrefois.
Le rapprochement reste pourtant intéressant. Plusieurs principes qui faisaient la force de l’outre historique se retrouvent dans l’emballage souple contemporain : un faible poids, un volume adapté au contenu et un encombrement réduit une fois le liquide consommé.
La technologie a ajouté à cette idée ancienne des propriétés barrières, des systèmes de distribution, des possibilités de personnalisation et un travail spécifique sur la recyclabilité.
L’Ecobag©, le Pouch ou la Poche BIB montrent ainsi qu’une idée très ancienne peut encore répondre à des problématiques industrielles actuelles.
L’outre moderne n’est donc peut-être pas réellement de retour. Elle n’a surtout jamais cessé d’évoluer.